Le blog de Targuinca

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samedi 4 avril 2009

Vers une médiation avec la rebellion?

Niger: vers une médiation avec la rebellion? RFI, le 4 Avril 2009 à 10:43

Une importante délégation gouvernementale est arrivée vendredi soir à Tripoli, composée notamment du ministre de l'Intérieur, du chef d'état-major personnel du président Tandja, mais aussi des différents corps de sécurité nigériens ; la délégation vient rencontrer plusieurs groupes touaregs entrés en rébellion en 2007 dans le nord du pays. Une rencontre qui tranche avec la position jusqu'ici intransigeante des autorités de Niamey : le président Tandja qualifiait encore récemment les rebelles du MNJ de « bandits armés et trafiquants de drogue ». La rencontre est donc en elle-même déjà un petit événement.

Depuis le début de la crise du Nord-Niger et de la création du Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ), en 2007, le pouvoir de Niamey a toujours refusé de parler de rébellion pour qualifier la résistance touareg, utilisant la formule consacrée, « des bandits armés et des terroristes ». Pour Niamey, la seule motivation de ces mouvements était d'obtenir et conserver la main mise sur les trafics d'armes et de cocaïne. Et durant des mois, des combats sans merci ont opposé les deux parties, terrorisant les populations locales et paralysant tout le nord, placé en état de guerre.

Les premiers frémissements d'un changement datent de février dernier, lorsque le gouvernement prend l'initiative d'organiser un forum pour la paix : officiellement, une rencontre entre les différents acteurs du nord du Niger mais aussi du Mali, pour échanger les expériences et trouver des solutions.

Dans la foulée, le guide libyen appelle le 15 mars les mouvements touaregs à déposer les armes et à rechercher la paix. Un groupe, issu du MNJ, se singularise : le Front patriotique nigérien, le FPN, qui accepte de renoncer à la lutte armée en contrepartie d'un cessez-le-feu et de l'ouverture de négociations avec le pouvoir.

Depuis quelques semaines, les principaux mouvements de rébellion nigériens, le MNJ mais ausi le FFR de Rissah ag boulah, sont à Tripoli dans l'attente d'une hypothétique rencontre avec une délégation nigérienne.

Désormais tout le monde est là, avec une ambition commune : trouver une sortie honorable à un conflit qui n'a que trop duré.

mercredi 11 mars 2009

Un front patriotique pour la paix au Niger

Source : site du Front Patriotique Nigérien

Communiqué du FPN : "Création du Front Patriotique Nigérien" du 10 mars 2009

.logo_t.jpg Mars 2007, Mars 2009. Depuis deux ans déjà, une nouvelle rébellion embrase la partie septentrionale de notre pays. La gestion de ce conflit par le gouvernement nigérien ainsi que les violences aveugles qui en ont découlé ont favorisé le développement, l’intensification et la radicalisation de la lutte armée devenue alors à nos yeux une alternative légitime.

Le constat est aujourd’hui amer: des centaines de vies humaines sacrifiées, la destruction complète du capital productif des populations concernées dont chacune des parties en conflit prétend vouloir assurer le bonheur. C’est aussi la paralysie totale du tissu économique de l’ensemble de la région nord du pays et surtout la prise en otage de toute une population livrée à elle-même, subissant quotidiennement les affres de la guerre et du mépris.

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lundi 29 décembre 2008

Le "mystère Fowler" demeure entier

Lire aussi l'article d'El Watan : Un rapt sur fond de guerre commerciale « M. Fowler est arrivé dans le cadre d’une mission officielle de l’ONU (...) Il est l’envoyé spécial du secrétaire général de l’Onu pour le Niger et, à ce titre, il est chargé de s’occuper de tous les problèmes humanitaires et de régler le conflit avec la rébellion touareg »

ALeqM5hx5J6nMH58zWhiOu8adroMrhRgoA?size=s Niger: deux semaines après, le "mystère Fowler" demeure entier

LAGOS (AFP, 28/12/08) — Deux semaines après leur disparition près de Niamey, on est toujours sans la moindre nouvelle des deux diplomates canadiens Robert Fowler et Louis Guay, alors que le silence sur leur sort est aussi épais que le mystère.
Aucune piste, aucune trace, aucun indice matériel, si ce n'est la voiture des deux hommes retrouvée le 15 décembre sur une route à quelques dizaines de kilomètres à l'ouest de Niamey dans une zone généralement sûre. Le moteur était en marche, un clignotant allumé et les portières ouvertes. A l'intérieur, trois téléphones portables, un appareil photo et un blouson.

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lundi 6 octobre 2008

Crises touarègues au Niger et au Mali : Séminaire du 27 novembre 2007

CRISES TOUARÈGUES AU NIGER ET AU MALI
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Ferdaous Bouhlel-Hardy, doctorante à l’IEP de Paris.
Yvan Guichaoua, chercheur à CRISE (Centre for Research on Inequality, Human Security and Ethnicity : www.crise.ox.ac.uk), Oxford.
Abdoulaye Tamboura, journaliste et doctorant à l’Institut français de géopolitique, Université Paris 8 — Saint-Denis.

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lundi 1 septembre 2008

Témoignage : « Parfois, je pense que je suis sur le point de perdre la tête »

AGADEZ, 28 août 2008 (IRIN) - Amoumene (un nom d’emprunt), 27 ans, a fui pour échapper aux affrontements qui faisaient rage, en novembre dernier, dans les montagnes de l’Aïr, et se réfugier plus au sud, à Agadez, l’une des plus grandes villes du nord du Niger.

Depuis un an et demi, les rebelles lancent des attaques contre le gouvernement nigérien, réclamant davantage d’investissements et une plus grande part des profits tirés de l’exploitation de l’uranium dans ce désert montagneux, riche en ressources.

Les affrontements ont provoqué le déplacement de plus de 10 000 civils, qui se sont réfugiés plus au cœur des montagnes, de l’autre côté du désert, jusqu’en Libye ou en Algérie, ou comme Amoumene, se trouvent aujourd’hui dans d’anciennes grandes destinations touristiques, secouées et désertées en raison des violences qui font rage dans le désert.

« Je suis venu ici car un homme de mon âge qui se trouverait dans les montagnes serait soupçonné d’être un rebelle. J’aurais pu à tout moment être arrêté ou pris pour cible par le gouvernement. Je n’ai pas pu rejoindre les rangs des rebelles parce que je suis le fils aîné : si je meurs, qui va s’occuper de ma famille ? ».

« J’avais un potager où je cultivais des oignons à cinq kilomètres au sud d’Iférouane. J’ai dépensé tout mon argent pour pouvoir planter mes oignons parce que je prévoyais de les vendre et d’utiliser l’argent que cela me rapporterait pour pouvoir me marier. Mais je n’ai pas pu rester en raison des violences ».

« Pendant les combats de novembre 2007, je me suis enfui avec un chamelier. Nous avons voyagé pendant deux jours avant d’arriver à Agadez. Cela fait neuf mois que j’essaie de trouver du travail. Je vais dans le centre, où les employeurs cherchent des travailleurs, mais ils veulent tous des gens qui ont fait des études. Moi, je ne suis jamais allé à l’école ».

« Aujourd’hui, je suis fâché que mes parents ne m’aient jamais envoyé à l’école, mais je sais qu’ils avaient besoin de moi à la maison pour les aider. Je ne peux pas retourner chez moi, parce que je n’ai rien à offrir à ma famille. Mais je ne peux pas rester ici non plus, si je n’arrive même pas à gagner assez d’argent pour acheter du riz ? »

« Et en tant que Touareg, je sais qu’à chaque fois qu’il y a une explosion ou un combat, même loin d’ici, les gens me regardent avec méfiance. Parfois, je pense que je suis sur le point de perdre la tête. Je me réveille en ayant peur qu’une mine explose… n’importe où ».

« Je veux juste que la paix soit rétablie. Je veux revoir mon potager et avoir les moyens de me marier et de continuer à vivre. Je n’envisagerai jamais d’essayer de partir loin pour trouver du travail, comme certaines personnes, qui prennent la mer pour se réfugier en Europe. Les nomades sont trop attachés au désert. Si je suis trop désespéré, j’irai de l’autre côté des montagnes, en Libye ou en Algérie ».

« Mais même pour faire ça, je suis trop fatigué ».

mercredi 30 juillet 2008

Mouvement de déplacés touareg nigériens à In Guezzam et à Tamanrasset : Le Croissant-Rouge algérien appelé à l’aide

Selon le quotidien Algerien EL WATAN du 30/07 logo_elwatan50.gif

Un important mouvement d’exode de familles touareg nigériennes vers la frontière algérienne est particulièrement remarqué ces derniers jours.

La situation au Nord-Niger, caractérisée depuis plus d’une année par un état de quasi-guerre entre le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) et le pouvoir central de Niamey, est la raison qui pousse ces familles nigériennes à chercher refuge en Algérie, comme cela s’est passé dans les années 1990 lors de la première rébellion touareg. Selon Aminata Idrissa, ancienne réfugiée des années 1990 établie à Tamanrasset, « il ne se passe pas un jour sans que des familles entières arrivent à In Guezzam et à Tamanrasset, à la recherche de lieux sûrs ». A In Guezzam, ville frontalière avec le Nord-Niger, les réfugiés qui ont fui leurs villages en Aïr pour venir trouver refuge sur le sol algérien sont passés de 500 personnes il y a à peine cinq jours, à plus de 1000 jusqu’à hier. Pour l’essentiel, des femmes, des bébés, des enfants et des vieillards, ces nouveaux réfugiés « fuient les bombardements répétés de l’armée nigérienne sur les villages touareg du Nord », regrette Kouna Achahi, un Targui nigérien qui tente, avec les siens, d’organiser ces déplacements massifs à In Guezzam.
A Tamanrasset, le nombre de réfugiés serait encore plus important qu’à In Guezzam, apprend-on. Ces déplacés tentent tant bien que mal de s’intégrer dans des familles nigériennes intallées depuis longtemps à Tamanrasset. « Nous en appelons au Croissant-Rouge algérien pour nous aider, comme il l’a fait dans les années 1990. Les autorités algériennes nous accueillent avec égards à la frontière, nous fournissant de l’eau, mais il nous faut vraiment de l’aide », alerte Kouna Achahi. La cinquantaine, Aminata Idrissa est l’une de ces anciens réfugiés restés à Tamanrasset. Elle accueille chez elle deux familles de réfugiés, tandis que d’autres Nigériens en reçoivent jusqu’à trois ou quatre. Avec d’autres femmes touareg nigériennes, Aminata tente de s’organiser en collectif de femmes pour gérer au mieux cet important mouvement d’exode, « en attendant qu’une assistance nous soit portée le plus tôt possible, car la situation risque d’empirer chez nous au Nord-Niger, et avec elle de plus importants exodes encore ! ».

vendredi 6 juin 2008

Conseil des droits de l'homme : lettre d'allégation conjointe sur "les activités minières réalisées sur des territoires habités ancestralement par les populations nomades Touarègues du nord Niger"

HUMAN RIGHTS COUNCIL

Report of the Special Rapporteur on the right of everyone to the enjoyment of the highest attainable standard of physical and mental health, Paul Hunt Addendum Summary of communications sent to and replies received from Governments and other actors
14 March 2008

Niger Communication sent

37. Le Rapporteur spécial a envoyé une lettre d’allégation, conjointement avec le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme et des libertés fondamentales des populations autochtones, le Rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation et le Rapporteur spécial sur les conséquences néfastes des mouvements et déversements illicites de produits et déchets toxiques et nocifs pour la jouissance des droits de l'homme, concernant les activités minières réalisées sur des territoires habités ancestralement par les populations nomades Touarègues du nord Niger dans la région d’Agadez ainsi que sur l’impact de ces activités sur l’environnement de ces populations.
Selon les informations reçues, le groupe français Areva y exploiterait des mines d’uranium depuis des décennies. Il semblerait que ces activités aient, de par une teneur en radioactivité très élevée, causé des dégâts importants à l’environnement. Les mesures de protection et de sécurité sur les sites d’exploitation seraient inexistantes ou très largement insuffisantes. La main d’œuvre, provenant presque exclusivement des nomades Touaregs, aurait été maintenue dans l’ignorance des effets de l’exploitation minière. Selon un rapport publié en avril 2005 par la « Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité » (CRIIRAD), la charge en uranium dans les villes d’Arlit et Akokan dépasserait les normes internationales de potabilité, avec des valeurs de 7 à 78 fois supérieures aux recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé. De nombreux cas de maladies et de décès ont été recensés depuis les années 1970. Les cas de maladies pulmonaires ou de leucémies ne seraient pas diagnostiqués dans les hôpitaux miniers et décelés trop tard dans des hôpitaux publics d’Agadez et Niamey. Les médecins des hôpitaux miniers n’informeraient que les patients souffrant de diabète, d’hypertension ou de paludisme. Il est allégué que les évacuations sanitaires seraient tardives ou refusées par les hôpitaux miniers. Par ailleurs, les rapports reçus expriment des craintes quant aux conséquences négatives de ces activités minières, entrainant des changements drastiques dans les modes de vie des communautés Touarègues.
Les activités d’élevage seraient rendues très difficiles, ce qui entrainerait le départ des populations nomades. D’après certaines informations, datant de février 2008, de nouvelles concessions minières auraient été accordées à des sociétés étrangères dans le bassin de Tim Mersoi, dans la région d’Agadez. Toutes ces concessions affecteraient aussi les terres traditionnelles des communautés Touarègues. Celles-ci n’auraient été ni informées ni consultées au sujet de ces nouvelles implantations. Au contraire, selon des informations rapportées, il y eu des tentatives de les expulser de ces territoires. Apparemment, aucune mesure n'aurait été prévue pour indemniser les communautés affectées.

Observation
Le Rapporteur spécial regrette que le Gouvernement n’ait pas transmis de réponse à sa communication au moment de la finalisation du rapport.

jeudi 5 juin 2008

Conseil des droits de l'homme : Observations du Rapporteur Spécial sur les exécutions extrajudiciaires par les forces armées au Nord Niger

HUMAN RIGHTS COUNCIL - A/HRC/8/3/Add.1 - 30 May 2008

hd_wreath.gif PROMOTION AND PROTECTION OF ALL HUMAN RIGHTS, CIVIL, POLITICAL, ECONOMIC, SOCIAL AND CULTURAL RIGHTS, INCLUDING THE RIGHT TO DEVELOPMENT
Report of the Special Rapporteur on extrajudicial, summary or arbitrary executions, Philip Alston
Addendum

Summary of cases transmitted to Government and replies received

Niger: Exécutions extrajudiciaires par les forces armées

Violation alléguée: Morts dues à des exécutions des forces armées

Objet de l’appel: Au moins 21 personnes

Caractère de la réponse: Pas de réponse

Observations du Rapporteur Spécial :

Le Rapporteur Spécial regrette que le Gouvernement du Niger n’ait pas coopéré avec le mandat qui lui a été conféré par l’Assemblée Générale et le Conseil des droits de l’homme.

Lettre d’allégation envoyée le 21 janvier 2008 avec le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme et des libertés fondamentales des populations autochtones … en relation avec de récents cas d’exécutions extrajudiciaires de personnes, et notamment de membres de la communauté Touareg, qui seraient survenus au nord du pays.

Selon les informations reçues:
Depuis octobre 2007, au moins 21 personnes, la majeure partie d’entre eux appartenant à la communauté Touareg, auraient été abattues de manière extrajudiciaire dans les régions du nord du pays. Les rapports indiquent la responsabilité directe des forces armées dans ces actes.

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lundi 2 juin 2008

"Prendre de la hauteur", par Issouf Ag MAHA

110x82Faut-il se lasser de le rappeler ? Faut-il se taire par crainte de s’attirer les foudres des radicaux et autres extrémistes, les opportunistes et autres va-t-en guerre ? Assurément non.
Seize mois après le déclenchement des hostilités au Nord Niger, les conditions sociales et économiques des citoyens ne font que se dégrader à tel point qu’on est tenté de se demander par quel miracle les populations civiles déplacées et isolées, désœuvrés et sans revenus arrivent encore à subvenir à leurs besoins vitaux. Pendant que les pro et les anti MNJ, les opposants et les partisans du régime en place à Niamey se focalisent sur le « pourquoi » ou la pertinence du conflit, la position de force de l’une et de l’autre parties en présence, la véracité ou non des bilans donnés par les uns ou les autres, il me semble plus que jamais urgent que les responsables de notre pays se soucient des réalités dramatiques que vivent les populations confrontées quotidiennement au spectre de la guerre.
L’heure n’est plus aux recherches du diagnostic et autres failles ayant guidé à la situation actuelle, encore moins aux calculs politiques quant au positionnement social qu’on en tirerait, mais plutôt au sursaut patriotique, sursaut qui aurait sans nul doute épargné les vies des dizaines, voire des centaines de nos compatriotes.
Le fait est là et ne peut relever d’un débat philosophique ou politique. Pendant que les conséquences du conflit deviennent de plus en plus insupportables pour nos populations, les belligérants se glorifient à travers une guerre de communiqués de leurs prouesses et leurs performances. Ces victoires annoncées avec grand éclat se mesurent hélas en nombre de Nigériens abattus et en atrocités dans la méthode utilisée pour tuer et massacrer, pour réduire au néant, pour détruire les moyens matériels et autres cheptels.

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jeudi 29 mai 2008

Rapport annuel d'Amnesty International : Niger

Des civils soupçonnés de soutenir un mouvement d'opposition armé dirigé par des Touareg ont été interpellés et arbitrairement détenus par les forces de sécurité en vertu d'une législation d'exception. L'armée aurait exécuté de manière extrajudiciaire au moins 16 civils, et deux journalistes ont été arrêtés en raison de leurs liens présumés avec le mouvement armé touareg. Amnesty International les considérait comme des prisonniers d'opinion.

Contexte

En février, le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), un mouvement d'opposition armé touareg basé dans la région d'Agadez (dans le nord du pays), a organisé un soulèvement pour réclamer une meilleure application de l'accord de paix qui avait mis fin à l'insurrection touareg en 1995. Ses exigences concernaient en particulier les dispositions socio-économiques de l'accord. Des groupes armés faisant partie du MNJ ont lancé des attaques contre des intérêts miniers dans le nord du pays, riche en minerais, tuant une quarantaine de soldats et prenant plusieurs dizaines d'autres militaires en otage.

En août, le président Mamadou Tandja a décrété pour trois mois l'état de mise en garde dans la région d'Agadez. Il a ainsi conféré davantage de pouvoirs aux forces de sécurité pour arrêter des suspects et les maintenir en détention au-delà de la période réglementaire de garde à vue de quarante-huit heures. En novembre, l'état de mise en garde a été prolongé de trois mois. Malgré les appels adressés par la société civile et des partis politiques au gouvernement pour qu'il ouvre le dialogue avec le MNJ, le président Mamadou Tandja a qualifié les membres de ce mouvement armé de « bandits et trafiquants de drogue ». Détentions arbitraires, torture et homicides

Des dizaines de civils ont été arrêtés par les forces de sécurité dans la région d'Agadez, et certains auraient été torturés. Ces arrestations ont bien souvent fait suite à des attaques du MNJ. La plupart de ces hommes ont été remis en liberté après plusieurs jours ou semaines de détention sans inculpation ni jugement. Au moins cinq d'entre eux, dont Issoufou Matachi (ancien dirigeant d'un groupe d'opposition armé touareg), ont cependant été transférés à Niamey, la capitale, en septembre. Ils étaient toujours en détention à la fin de l'année.

  • En mai, Abtchaw Kunfi, Abbe Kunfi et Kalakoua Immolane, trois hommes âgés de soixante-cinq à quatre-vingt-cinq ans, ont été tués à Tizirzait, apparemment par des membres des forces de sécurité. Les trois homicides seraient imputables au fait que l'un des hommes possédait un téléphone satellitaire, ce qui aurait éveillé des soupçons quant à d'éventuels liens avec le MNJ.
  • En décembre, sept hommes qui se rendaient à Agadez en voiture ont été arrêtés par des agents des forces de sécurité et tués. Leurs corps portaient de nombreuses marques de torture, y compris des brûlures de cigarettes, ainsi que des traces de blessures par balle au visage et à la poitrine.

Atteintes à la liberté d'expression

Les autorités ont interdit aux médias de couvrir le soulèvement dans le nord du pays. Elles ont suspendu la diffusion des émissions de Radio France internationale (RFI) pour un mois et la publication du bimensuel Aïr-Info pour trois mois. Elles ont également adressé des avertissements à plusieurs journaux, dont L'Evénement, Libération et L'Opinion.

Deux journalistes ont été arrêtés et accusés d'entretenir des liens avec le MNJ. Détenus uniquement en raison de leurs activités de journalistes, qu'ils menaient pourtant de manière pacifique et en toute légitimité, ils étaient considérés comme des prisonniers d'opinion.

  • Moussa Kaka, directeur de la station privée Radio Saraouniya et correspondant au Niger de RFI, a été arrêté en septembre, à Niamey, et inculpé de « complicité d'atteinte à l'autorité de l'État » – une infraction pour laquelle il encourt la réclusion à vie. Selon les informations recueillies, cette accusation reposait sur des contacts téléphoniques qu'il avait eus, en tant que journaliste, avec des membres du MNJ. En novembre, un juge d'instruction a conclu que les écoutes téléphoniques sur lesquelles reposaient les accusations avaient été effectuées illégalement. Le procureur a interjeté appel de cette décision et l'affaire était en instance à la fin de l'année.
  • En octobre, le rédacteur en chef d'Aïr-Info, Ibrahim Manzo Diallo, a été arrêté à Niamey et transféré dans la région d'Agadez, où il a été détenu au secret par l'armée pendant trois semaines, puis inculpé d'association de malfaiteurs en raison de ses liens présumés avec le MNJ.

Le Monde Diplomatique, juin 2008 : "Bataille pour l'uranium au Niger"

arton13515.pngLe 15 mai 2008, la Cour suprême du Niger a rejeté la demande de remise en liberté provisoire de Moussa Kaka, correspondant de Radio France Internationale. Le journaliste est incarcéré depuis huit mois en raison de ses contacts avec la rébellion touarègue. En février 2007, celle-ci a en effet repris les armes pour réclamer un plus juste partage des revenus de l'uranium. Quelque quatre-vingt-cinq militaires ont déjà trouvé la mort dans la région d'Agadez, où opère le groupe nucléaire français Areva.

PAR ANNA BEDNIK

« Si la lutte est la seule voix qui puisse être entendue, tel est notre choix», annonce le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) (1), formation à majorité touarègue qui, douze ans après les accords de six du 24 avril 1995 entre le gouvernement et une première rébellion armée, a repris le combat contre le pouvoir central. S'étendant jusqu'à la zone du lac Tchad, dans le sud-est du Niger, les affrontements ont débuté en février 2007 dans la région d'Agadez, au centre du pays. Composé essentiellement d'anciens rebelles rejoints en 2007 par des transfuges de l'armée régulière et par certains élus locaux, le MNJ multiplie les attaques contre des sites militaires et des symboles de l'Etat. Outre l'application effective des accords de 1995 (qui prévoient notamment la mise en place de la décentralisation), il réclame le transfert de 50 % des recettes minières aux collectivités locales, l'embauche prioritaire des populations autochtones dans ce secteur d'activité, mais aussi l'arrêt de la «braderie» des permis d'exploitation de matières premières et la cessation des activités de recherche dans les zones d'élevage. La tension est montée d'un cran, en juillet 2007, lorsque le MNJ a pris en otage un cadre de la compagnie chinoise China Nuclear International Uranium Corporation (Sino-Uranium). Il a alors appelé tous les pays étrangers à évacuer leurs ressortissants présents au Niger «pour des raisons de prospection ou d'exploitation des ressources minières.»

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mardi 15 avril 2008

QUESTION TOUAREGUE, QUELLE PERSPECTIVE ?

La politique d’intimidation, de répression et de dissuasion mise en oeuvre de manière systématique par nos Etats ne changera en rien la complexité du problème Touareg. Même si les états nations chauvins de leur intégrité ne peuvent que s’accrocher à la logique nationale et républicaine ils ne sauraient occulter les réalités socio historiques des peuples qui les composent. La politique de l’autruche consistant à imposer une unité nationale artificielle et instrumentalisée et dont le postulat de base consiste à faire des particularismes sociaux un tabou, montrera toujours ses limites. Caresser le rêve d’uniformiser des peuples d’origines et de cultures différentes par la violence et la répression restera une chimère on ne peut plus préjudiciable à la création d’une nation appelée à relever les défis de la mondialisation. Le 21ème siècle et son organisation politique reste en revanche très attaché au caractère tangible et irréversible des frontières nationales.

Doit on pour autant s’en tenir à cela pour ignorer la réalité ? Nos réalités culturelles, sociales et économiques ? Nos réalités ancestrales et historiques ? Nos réalités territoriales et politiques ?

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lundi 7 avril 2008

Reportage sur la rébellion du Nord Niger

am.JPG La révolte des Touaregs

Par Nahan Siby, photos Jean-Luc Manaud, envoyés spéciaux.
Afrique Magazine, avril 2008

Extraits :

04.jpg ...Qu'est-ce qui a donc poussé ces hommes à aller à la guerre ? ... Ce sont des frustrations longuement endurées par une partie de la population nigérienne qui seraient l'origine de la rébellion.
Moussa Ghali a 30 ans. Éleveur, il est membre du MNJ depuis mai 2007. Sous un arbre, il nettoie son arme en ruminant: « J'ai des frères en prison, alors qu'ils n'ont rien fait. Rien fait. D'autres encore sont morts. Les militaires les ont tués. Comme ça ! Si je vais en justice pour essayer de comprendre ce qui s'est passé, le gouvernement va m'enfermer aussi. »
De leur côté, Aklou Sidi Sidi et Agaly Wartarene appartiennent l'état major du MNJ. Agent de développement dans le civil, Aklou Sidi Sidi, la quarantaine, est combattant et conseiller du président du MNJ. Il dénonce pour sa part la corruption. « Ça fait vingt ans que je travaille sur le terrain, et j'ai vu les programmes de développement détournés, l'argent qui disparaît dans les poches des politiciens et des responsables administratifs, au lieu d'aller directement aux communautés. » Pour preuve, il montre la case de santé inachevée de Tchilizdag, un village voisin de l'oued. Un amas de pierres laissé sur le côté, les fondations du bâtiment sont construites. Il n'y a rien de plus. « C'est l'exemple type d'un ouvrage qui a été initié par le programme spécial du président de la République. Il devrait être achevé depuis 2003... Mais il ne l'a jamais été, alors qu'au niveau des statistiques nationales, il est considéré comme étant une case de santé opérationnelle... Tchilizdag est un bourg agricole composé de deux cent cinquante-trois ménages vivant, entre autres, de la culture de l'oignon. Le chef de village explique que le dispensaire le plus proche est à 35 kilomètres, et que les déplacements se font ici à dos d'âne... Difficile, par exemple, de transporter une femme sur le point d'accoucher dans de telles conditions.

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dimanche 30 mars 2008

Exécutions et exactions contre les populations


A Dabaga, une bourgade située à une trentaine de Km de la ville d'Agadez, deux civils dont un commerçant de la place, nommé Aboubacar, ont été sommairement exécutés, le mercredi 26 mars dernier, aux environs de 16h. Le domicile de M. Ahmad Emini, maire de la commune rurale de Dabaga et trois autres maisons appartenant à des particuliers ont été incendiés.

Tous les objets s'y trouvant ont été pillés par des militaires. L'axe qui mène à cette localité est actuellement occupé par les Forces de défense et de sécurité rendant impossibles les déplacements de la population dans cette partie de l'Aïr. À Tamazalak, une autre partie de l'Aïr, ce sont huit tentes servant d'habitations qui ont été brûlées, le vendredi 21 mars dernier.

Drame similaire à Tidène, où la famille d'un jardinier nommé Hamed-Rissa Imolane a confirmé sa mort ainsi que celle de deux autres personnes, dont un notable du village, le nommé Mohamed Almoctar dit Guinadan, exécutés par des militaires. Par ailleurs, une case a été brûlée. En effet, depuis le 20 mars dernier, les Forces de défense et de sécu-rité ont engagé une grande « offensive » visant à traquer les rebelles du MNJ. Mais dans la pratique, ce sont les populations civiles qui payent le plus lourd tribut.

La présence des militaires a été signalée à Tamazalak, Tidène, Dabaga, Abardak…

Ce sont là quelques uns des témoignages, émanant de plusieurs sources, qui nous sont parvenus d'Agadez.

Les exactions contre les populations civiles dans la région d'Agadez sont devenues monnaie courante, dans cette partie du pays considérée comme un no man's land offerte aux éléments des Forces de défense et de sécurité par le président Tandja. La mise en garde en vigueur, depuis août 2007, est perçue par les éléments des Forces de défense et de sécurité comme une licence à tout faire, en commettant des exactions et même des exécutions extra judiciaires.

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Edito - Issouf Maha : ON TUE DES APATRIDES ! CIRCULEZ Y A RIEN A VOIR !

23781115_p.jpg Les derniers événements survenus dans l’Aïr traduisent clairement les objectifs du pouvoir de Niamey. Son comportement à notre égard en dit long sur l'épineuse question de notre citoyenneté. En effet, comment expliquer qu'au moindre mouvement ou acte de révolte, même très circonscrit, la population civile est martyrisée, arrêtée et malmenée ? Comment encourager, féliciter et récompenser des soldats de la république pour avoir tué et massacré des populations sans défenses, des honnêtes citoyens dont les impôts servent à payer armes et soldes des militaires ? Comment, après cette expérience douloureuse, garder confiance en cet Etat qui nous dénie de tous nos droits ? Cet état qui missionne son armée pour envahir nos villages et campements, tuer, torturer et humilier nos populations, brûler leurs demeures et leurs marchés, anéantir leurs biens et leurs troupeaux.

L’utilisation du terme “apatride” par le gouvernement nigérien dès le début du conflit trouve aujourd’hui toute sa signification. Ce terme qui justifie les actes perpétrés par une armée en déroute et sans repères. Ce terme qui induit et peut légitimer un ethnocide. Ce terme qui, au sens moderne, juridico-légal, établit par la Convention de New York du 28 septembre 1954 définit: “une personne qu'aucun État ne considère comme son ressortissant par application de sa législation “. Ce terme qui s’applique à toute personne dépourvue de droits et de reconnaissances culturelle. Ce terme qui n'existait pas avant la guerre de 1914-1918 qui vit se déchirer les nationalismes européens.

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