samedi 4 avril 2009
Vers une médiation avec la rebellion?
Par Targuinca, samedi 4 avril 2009 :: Rébellion Nord Niger
Niger: vers une médiation avec la rebellion? RFI, le 4 Avril 2009 à 10:43
Une importante délégation gouvernementale est arrivée vendredi soir à Tripoli, composée notamment du ministre de l'Intérieur, du chef d'état-major personnel du président Tandja, mais aussi des différents corps de sécurité nigériens ; la délégation vient rencontrer plusieurs groupes touaregs entrés en rébellion en 2007 dans le nord du pays. Une rencontre qui tranche avec la position jusqu'ici intransigeante des autorités de Niamey : le président Tandja qualifiait encore récemment les rebelles du MNJ de « bandits armés et trafiquants de drogue ». La rencontre est donc en elle-même déjà un petit événement.
Depuis le début de la crise du Nord-Niger et de la création du Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ), en 2007, le pouvoir de Niamey a toujours refusé de parler de rébellion pour qualifier la résistance touareg, utilisant la formule consacrée, « des bandits armés et des terroristes ». Pour Niamey, la seule motivation de ces mouvements était d'obtenir et conserver la main mise sur les trafics d'armes et de cocaïne. Et durant des mois, des combats sans merci ont opposé les deux parties, terrorisant les populations locales et paralysant tout le nord, placé en état de guerre.
Les premiers frémissements d'un changement datent de février dernier, lorsque le gouvernement prend l'initiative d'organiser un forum pour la paix : officiellement, une rencontre entre les différents acteurs du nord du Niger mais aussi du Mali, pour échanger les expériences et trouver des solutions.
Dans la foulée, le guide libyen appelle le 15 mars les mouvements touaregs à déposer les armes et à rechercher la paix. Un groupe, issu du MNJ, se singularise : le Front patriotique nigérien, le FPN, qui accepte de renoncer à la lutte armée en contrepartie d'un cessez-le-feu et de l'ouverture de négociations avec le pouvoir.
Depuis quelques semaines, les principaux mouvements de rébellion nigériens, le MNJ mais ausi le FFR de Rissah ag boulah, sont à Tripoli dans l'attente d'une hypothétique rencontre avec une délégation nigérienne.
Désormais tout le monde est là, avec une ambition commune : trouver une sortie honorable à un conflit qui n'a que trop duré.
Mars 2007, Mars 2009. Depuis deux ans déjà, une nouvelle rébellion embrase la partie septentrionale de notre pays. La gestion de ce conflit par le gouvernement nigérien ainsi que les violences aveugles qui en ont découlé ont favorisé le développement, l’intensification et la radicalisation de la lutte armée devenue alors à nos yeux une alternative légitime.


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Le 15 mai 2008, la Cour suprême du Niger a rejeté la demande de remise en liberté provisoire de Moussa Kaka, correspondant de Radio France Internationale. Le journaliste est incarcéré depuis huit mois en raison de ses contacts avec la rébellion touarègue. En février 2007, celle-ci a en effet repris les armes pour réclamer un plus juste partage des revenus de l'uranium. Quelque quatre-vingt-cinq militaires ont déjà trouvé la mort dans la région d'Agadez, où opère le groupe nucléaire français Areva.
...Qu'est-ce qui a donc poussé ces hommes à aller à la guerre ? ... Ce sont des frustrations longuement endurées par une partie de la population nigérienne qui seraient l'origine de la rébellion. 
Les derniers événements survenus dans l’Aïr traduisent clairement les objectifs du pouvoir de Niamey. Son comportement à notre égard en dit long sur l'épineuse question de notre citoyenneté. En effet, comment expliquer qu'au moindre mouvement ou acte de révolte, même très circonscrit, la population civile est martyrisée, arrêtée et malmenée ? Comment encourager, féliciter et récompenser des soldats de la république pour avoir tué et massacré des populations sans défenses, des honnêtes citoyens dont les impôts servent à payer armes et soldes des militaires ? Comment, après cette expérience douloureuse, garder confiance en cet Etat qui nous dénie de tous nos droits ? Cet état qui missionne son armée pour envahir nos villages et campements, tuer, torturer et humilier nos populations, brûler leurs demeures et leurs marchés, anéantir leurs biens et leurs troupeaux.