Voici tout d’abord quelques nouvelles de la situation politique au Niger.
Le président Tandja poursuit, avec la complicité des gouverneurs des régions, sa campagne pour amener l’opinion publique à accepter une modification de la Constitution qui lui permettrait d’être éligible une 3e fois. L’opposition se tait, ses principaux représentants ayant reçu l’assurance d’occuper des postes importants dans le 3e gouvernement de Mamadou Tandja. Seuls les partisans de Hama Amadou, l’ex-premier ministre toujours emprisonné, organisent à Niamey des marches de protestation contre le régime actuel.
Tout ceci ne restera pas sans conséquences pour les populations civiles, particulièrement dans le Nord.
L’ONG Médecins sans frontières a été exclue du Niger et ne peut poursuivre son programme de renutrition de milliers d’enfants à Maradi.
En revanche, la Croix Rouge française a pu offrir un important lot de matériel à la Direction régionale de la Santé (DRSP) à Agadez et un autre (12 lits et matelas et divers appareils) au CRENI d’Arlit dont elle avait financé la construction.
Pour les populations civiles du Nord, le cauchemar continue. Les combats s’intensifient, l’état de « mise en garde » perdure et laisse les pleins pouvoirs aux forces de défense et de sécurité qui multiplient arrestations arbitraires et exactions.
Fin octobre, 10 personnes ont été sauvagement assassinées par les Forces armées nigériennes ( FAN), à Elmiki et Tchinteloust. Certains corps ont été retrouvés découpés en morceaux…
Poussées par la terreur, de plus en plus de familles fuient la brousse, notamment vers le Sud de l’Algérie. Le Nord du Niger se vide peu à peu de ses habitants.
Le PAM (Programme alimentaire mondial) a distribué 5 kg de riz, du mil, du sorgho et de l’huile à chaque famille nécessiteuse réfugiée dans les bidonvilles d’Agadez et d’Arlit.
Dans le bidonville d’Arlit, la pénurie d’eau se fait de plus en plus sentir. Le prix du bidon de 20 litres est passé de 50 à 100 FCFA (les francs CFA correspondent aux anciens francs français). Or nombreux sont les réfugiés sans aucune ressource. Les malades se multiplient également : maladies physiques (fièvres), dépressions, crises d’angoisse ou de panique, surtout chez les femmes arrivant de la brousse. Ces personnes ne reçoivent aucun soin.
Le prix du kilo d’argent métal est passé à 250 000 FCFA, soit 400 euros ; les artisans n’ont plus guère les moyens d’en acheter pour fabriquer les bijoux qu’ils écoulaient en France ou en Lybie. C’est une dernière ressource qui est menacée de disparaître alors que le prix du sac de 50 kg de mil ou de riz atteint les 30 euros.
Fin août, chaque famille d’enfants parrainés par des membres de Targuinca avait reçu pour 100 euros de nourriture : 50 kg de mil, 50 kg de riz, de l’huile et du thé. Voici un extrait de la lettre de remerciement :
« Nous vous faisons savoir que la dotation en nourriture que nous avons eue mènera certains d’entre nous jusqu’à 2 mois, voire 3 mois, mais comprenez aussi que pour un Touareg rien ne lui appartient personnellement comme on est solidaire. Donc ce qui nous préoccupe c’est nos voisins qui possèdent des enfants non parrainés et les sans abris. C’est choquant, avec la saison des pluies, de se trouver dans une cabane à 2 ou 3 familles avec des enfants. »
Et encore :
« Certains d’entre vous nous connaissent et connaissent notre mode de vie au temps calme, maintenant imaginez notre situation étant réfugiés. »
Certaines familles n’ont même pas une natte pour se protéger du soleil ni une couverture pour la saison froide.
Le bureau de Targuinca a décidé de renouveler cette aide alimentaire courant novembre.
Les besoins vitaux de toutes ces familles touarègues, déplacées en brousse ou dans les bidonvilles ou réfugiées dans le Sud de l’Algérie, sont immenses. il est urgent de leur apporter de l’aide. S’il vous plait, faites circuler les informations et essayez de collecter des fonds, leur vie en dépend.
Le dernier livre d’Issouf ag Maha : « Le destin confisqué » vient de paraître. Issouf y analyse les raisons qui ont poussé une partie des Touaregs du Niger à prendre les armes et témoigne des souffrances de son peuple.
Le livre est vendu 15 euros, dont 5 sont versés au collectif Tchinaghen pour ses projets humanitaires. Vous pouvez vous le procurer en le demandant à l’association Targuinca ou à Tchinaghen.
D’après le Canard enchaîné du 5 novembre 2008 :
« L'amiral (à la retraite) Thierry d'Arbonneau, délégué par son groupe au Niger (qui regorge d'uranium), s'est catégoriquement élevé contre toute réglementation des sociétés privées de renseignement et de sécurité. Ce qui compliquerait, à l'en croire, la tâche d'entreprises comme la sienne.
L'Etat français ferait mieux, a-t-il ajouté, de donner aux autorités nigériennes les moyens de mater la rébellion des Touareg, « ces hommes en bleu qui font rêver les hommes et chavirer le cœur des femmes mais ne sont qu'une illusion ». Explication de cette sortie : Areva négocie actuellement le droit d'exploiter le gisement géant Imouraren. Les prix du marché et la concurrence chinoise aidant, le président nigérien, Mamadou Tandja, a déjà obtenu qu'Areva triple son prix d'achat du minerai. Mais il souhaiterait aussi un coup de main français pour combattre les Touareg, qui, dans le nord du pays, réclament un territoire et une part du gâteau minier. Le site est donc peu tranquille, et Areva a besoin de sécurité (publique ou privée) afin de repousser ces arrogants «hommes bleus» qui voudraient nous empêcher de creuser leur terre... »
Areva sait choisir ses représentants…