Le blog de Targuinca

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jeudi 3 juillet 2008

NOUVELLES DES POPULATIONS DU NORD DU NIGER (Bulletin d'information de Targuinca)

Suite à la dernière assemblée générale de Targuinca, nous avons décidé de vous tenir informés plus régulièrement des nouvelles concernant les populations du Nord du Niger.

L’ex premier ministre du Niger, Hama Amadou, est en prison, accusé de détournement de fonds publics ; il a pourtant déjà justifié l’emploi de cet argent. Hama Amadou, qui appartient au même parti que le président Mamadou Tandja, comptait poser sa candidature aux prochaines élections présidentielles ; mais Mamadou Tandja, qui ne devrait plus se présenter car il a déjà rempli deux mandats successifs, veut modifier la constitution pour se rendre éligible une troisième fois.

Le gouvernement nigérien en place refuse toujours de négocier avec les rebelles du MNJ (Mouvement Nigérien pour la Justice) et les populations civiles souffrent de plus en plus du conflit.

Le 25 juin 2008, à 7 heures (heure locale), 2 hélicoptères des troupes gouvernementales, les FAN (Forces Armées Nigériennes), ont bombardé Tin Telloust : 2 civils ont été blessés, un camion de transport et un 4x4 appartenant tous deux au village ont brûlé.

Le 27 juin, il y a eu un combat entre les FAN et le MNJ à Tizerzaït ; les 2 hélicoptères ont été abattus. Des soldats de l’armée régulière, revenant du combat, ont fouillé des maisons de civils à Tidène, où ils ont tué un enfant, et à Egadaouel, où ils ont tué la femme de l’imam.

Les militaires tirent sans sommation sur tout tourbillon de poussière (qui peut être provoqué par un animal, un enfant…) et, la nuit, sur toute lueur. Les civils Touaregs sont terrifiés ; la plupart attendent l’obscurité pour essayer de se ravitailler car une rencontre avec des soldats peut signifier la mort. De plus en plus nombreux sont ceux qui fuient la brousse, espérant être plus en sûreté dans les bidonvilles d’Arlit ou d’Agadez. Ainsi, le village de R.T.A. (Route Tahoua Arlit) s’est entièrement vidé de ses habitants qui avaient été directement menacés par les troupes gouvernementales.

Les bidonvilles deviennent donc surpeuplés et de plus en plus d’enfants tombent malades ; dans le bidonville d’Arlit, l’eau, qui était gratuite, est vendue et rationnée, par des températures de 45°. A Agadez, les camions qui apportent la nourriture se raréfient, les prix des denrées flambent et la population souffre de la faim.

Les habitants de Tadak vivent dans le dénuement depuis que les FAN ont incendié leur village. Les rebelles du MNJ leur ont procuré des bâches en plastique pour s’abriter, mais elles n’ont malheureusement pas résisté au vent. Une association française a été contactée pour une demande d’aide qui devrait aboutir très vite.

Nous n’avons toujours pas de nouvelles de Catherine Dubois qui a fondé l’association Nomads Land et qui est emprisonnée à Agadez.

Nous espérons pouvoir vous donner de meilleures nouvelles dans un prochain bulletin. A bientôt.

vendredi 6 juin 2008

FATIMATA EST HYDROCEPHALE

Sur cette photo - prise à Gougaram, dans l'Aïr - elle avait 2 ans. Elle a maintenant 5 ans.

hydrocephale.jpg

Sa maladie entraine des retards de développement et risque d’atteindre sa vue et de provoquer des séquelles neurologiques irréversibles.
Une opération pourrait diminuer considérablement son handicap.
L’association Targuinca a contacté un chirurgien de Niamey qui peut l’opérer. Mais, au Niger, il n’existe pas de système de sécurité sociale et les parents de Fatimata sont pauvres.
Le coût de l’opération et de la surveillance post-opératoire s’élève à 1200 euros.

AIDEZ-NOUS A REUNIR LA SOMME NECESSAIRE POUR FAIRE OPERER FATIMATA.
Libeller les chèques à l’ordre de TARGUINCA, en écrivant au dos du chèque : Opération Fatimata.
Les adresser à :
Association Targuinca
Mairie, 27120 HOULBEC-COCHEREL

Concert le 14 juin ! Aide aux détenus et aux populations déplacées

Depuis février 2007, le nord du Niger est le théâtre de graves affrontements opposant le Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ) au pouvoir central.

L’état d’urgence a été décrété en août 2007 dans la région d’Agadez et sans cesse reconduit donnant ainsi les pleins pouvoirs à l’armée : exécutions sommaires ciblées, arrestations arbitraires, destruction des moyens de subsistance des nomades, populations déplacées, ONG interdites, radio et presse muselées.

A ce jour, une centaine de civils, majoritairement touaregs, du berger à l’entrepreneur, ont été ou sont détenus arbitrairement, sans inculpation, sans défense et volontairement éloignés de leurs proches.

Au Niger, ce sont les familles des prisonniers qui doivent apporter repas et vêtements aux détenus. Souvent sans revenus et à un millier de km des prisons, ces familles ne peuvent subvenir à leurs besoins de première nécessité, et encore moins s’offrir les services d’un avocat.

Le Collectif Tchinaghen - avec le soutien du MRAP comité local Paris 17/18 - organise un concert avec Takrist Nakal, groupe de musique touareg, membre du collectif « Désert Rebel », le samedi 14 juin à 20h30 à l’Olympic Café (Paris 18) afin d’informer sur la situation dramatique que subit la population civile du Nord-Niger et de collecter des fonds en sa faveur. L’intégralité des bénéfices réalisés servira à aider les détenus et leurs proches, financer leur défense et apporter une aide aux familles déplacées de la région d’Agadez.

Le concert sera précédé d’une intervention d'Issouf Ag Maha (maire de la commune de Tchirozérine - Niger) et Samira Clady (juriste) sur la situation des droits de l’homme au Nord-Niger.

Pétrole au Niger - Bénédiction ou malédiction?

aa-trans_200x116.gif Le Pays (Ouagadougou), 5 Juin 2008, By Abdoulaye Tao

Du pétrole au Niger, ils sont nombreux à en avoir rêvé.

Après les heures de gloire de l'uranium, une nouvelle ère s'ouvre pour ce pays sahélien, classé parmi les plus pauvres d'Afrique. Une période d'incertitudes également. En effet, l'or noir sur le continent n'a pas toujours fait le bonheur des peuples. Monopolisées par des dirigeants corrompus, les recettes pétrolières s'évanouissent souvent dans des circuits mafieux au grand dam des populations qui sont légitimement en droit d'en attendre les retombées en termes de développement économique et social. Les mauvais exemples sont légion: Tchad, Gabon, Congo, Nigeria, Soudan...

Le Niger va-t-il échapper à cette malédiction du pétrole? Le contexte ne permet pas de donner une réponse tranchée.

La signature du contrat pétrolier avec le géant chinois se fait dans un contexte de traque à une rébellion touarègue tenace, que Niamey a tant de mal à neutraliser dans un désert de sable où il est aujourd'hui avéré qu'il regorge de précieux gisements pétrolifères et miniers. On comprend, maintenant, l'enjeu pour Niamey de maîtriser son vaste territoire et de tuer dans l'oeuf toute velléité sécessionniste voire autonomiste.

La signature de cette concession d'exploitation ne va pas manquer de susciter des convoitises tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays. On imagine que le pouvoir de Niamey a dû donner des garanties sécuritaires aux Chinois contre les attaques des "bandits" du désert. Le risque de voir le pouvoir de Niamey se radicaliser contre toutes tentatives de déstabilisation ou supposées telles, est grand.

La démocratie s'en trouverait aussi prise en otage, car ils sont peu nombreux les dirigeants africains à résister à l'appel des pétrodollars au détriment du bien public, et à ne pas s'éterniser au pouvoir, pour jouir aussi longtemps que possible des bénéfices de la manne pétrolière. Il faut espérer qu'à Niamey, le pouvoir garde la tête froide et travaille à redistribuer équitablement les prébendes du pétrole. Le gouvernement a exigé la construction d'une raffinerie sur place pour exploiter et distribuer l'or noir à partir du Niger. Ce qui est assurément une bonne vision. Mais Niamey pourra-t-il tirer leçon des autres pays producteurs africains, pour vaincre la malédiction de l'or noir ? Là semble bien être la question.

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Réélection du bureau de Targuinca

Suite à l'AG du 23 mai dernier, le Bureau de l'association a été renouvelé comme suit :
- Présidente : Sonia Salès
- Vice-président : Maxance Destiné
- Secrétaire : Annie Le Guevel
- Trésorier : Patrice Lacurial
- Membres actifs : Annick Destiné, Guilène Gorin-Pin, Jean-Paul Dubier

Conseil des droits de l'homme : lettre d'allégation conjointe sur "les activités minières réalisées sur des territoires habités ancestralement par les populations nomades Touarègues du nord Niger"

HUMAN RIGHTS COUNCIL

Report of the Special Rapporteur on the right of everyone to the enjoyment of the highest attainable standard of physical and mental health, Paul Hunt Addendum Summary of communications sent to and replies received from Governments and other actors
14 March 2008

Niger Communication sent

37. Le Rapporteur spécial a envoyé une lettre d’allégation, conjointement avec le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme et des libertés fondamentales des populations autochtones, le Rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation et le Rapporteur spécial sur les conséquences néfastes des mouvements et déversements illicites de produits et déchets toxiques et nocifs pour la jouissance des droits de l'homme, concernant les activités minières réalisées sur des territoires habités ancestralement par les populations nomades Touarègues du nord Niger dans la région d’Agadez ainsi que sur l’impact de ces activités sur l’environnement de ces populations.
Selon les informations reçues, le groupe français Areva y exploiterait des mines d’uranium depuis des décennies. Il semblerait que ces activités aient, de par une teneur en radioactivité très élevée, causé des dégâts importants à l’environnement. Les mesures de protection et de sécurité sur les sites d’exploitation seraient inexistantes ou très largement insuffisantes. La main d’œuvre, provenant presque exclusivement des nomades Touaregs, aurait été maintenue dans l’ignorance des effets de l’exploitation minière. Selon un rapport publié en avril 2005 par la « Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité » (CRIIRAD), la charge en uranium dans les villes d’Arlit et Akokan dépasserait les normes internationales de potabilité, avec des valeurs de 7 à 78 fois supérieures aux recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé. De nombreux cas de maladies et de décès ont été recensés depuis les années 1970. Les cas de maladies pulmonaires ou de leucémies ne seraient pas diagnostiqués dans les hôpitaux miniers et décelés trop tard dans des hôpitaux publics d’Agadez et Niamey. Les médecins des hôpitaux miniers n’informeraient que les patients souffrant de diabète, d’hypertension ou de paludisme. Il est allégué que les évacuations sanitaires seraient tardives ou refusées par les hôpitaux miniers. Par ailleurs, les rapports reçus expriment des craintes quant aux conséquences négatives de ces activités minières, entrainant des changements drastiques dans les modes de vie des communautés Touarègues.
Les activités d’élevage seraient rendues très difficiles, ce qui entrainerait le départ des populations nomades. D’après certaines informations, datant de février 2008, de nouvelles concessions minières auraient été accordées à des sociétés étrangères dans le bassin de Tim Mersoi, dans la région d’Agadez. Toutes ces concessions affecteraient aussi les terres traditionnelles des communautés Touarègues. Celles-ci n’auraient été ni informées ni consultées au sujet de ces nouvelles implantations. Au contraire, selon des informations rapportées, il y eu des tentatives de les expulser de ces territoires. Apparemment, aucune mesure n'aurait été prévue pour indemniser les communautés affectées.

Observation
Le Rapporteur spécial regrette que le Gouvernement n’ait pas transmis de réponse à sa communication au moment de la finalisation du rapport.

jeudi 5 juin 2008

Conseil des droits de l'homme : Observations du Rapporteur Spécial sur les exécutions extrajudiciaires par les forces armées au Nord Niger

HUMAN RIGHTS COUNCIL - A/HRC/8/3/Add.1 - 30 May 2008

hd_wreath.gif PROMOTION AND PROTECTION OF ALL HUMAN RIGHTS, CIVIL, POLITICAL, ECONOMIC, SOCIAL AND CULTURAL RIGHTS, INCLUDING THE RIGHT TO DEVELOPMENT
Report of the Special Rapporteur on extrajudicial, summary or arbitrary executions, Philip Alston
Addendum

Summary of cases transmitted to Government and replies received

Niger: Exécutions extrajudiciaires par les forces armées

Violation alléguée: Morts dues à des exécutions des forces armées

Objet de l’appel: Au moins 21 personnes

Caractère de la réponse: Pas de réponse

Observations du Rapporteur Spécial :

Le Rapporteur Spécial regrette que le Gouvernement du Niger n’ait pas coopéré avec le mandat qui lui a été conféré par l’Assemblée Générale et le Conseil des droits de l’homme.

Lettre d’allégation envoyée le 21 janvier 2008 avec le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme et des libertés fondamentales des populations autochtones … en relation avec de récents cas d’exécutions extrajudiciaires de personnes, et notamment de membres de la communauté Touareg, qui seraient survenus au nord du pays.

Selon les informations reçues:
Depuis octobre 2007, au moins 21 personnes, la majeure partie d’entre eux appartenant à la communauté Touareg, auraient été abattues de manière extrajudiciaire dans les régions du nord du pays. Les rapports indiquent la responsabilité directe des forces armées dans ces actes.

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lundi 2 juin 2008

"Prendre de la hauteur", par Issouf Ag MAHA

110x82Faut-il se lasser de le rappeler ? Faut-il se taire par crainte de s’attirer les foudres des radicaux et autres extrémistes, les opportunistes et autres va-t-en guerre ? Assurément non.
Seize mois après le déclenchement des hostilités au Nord Niger, les conditions sociales et économiques des citoyens ne font que se dégrader à tel point qu’on est tenté de se demander par quel miracle les populations civiles déplacées et isolées, désœuvrés et sans revenus arrivent encore à subvenir à leurs besoins vitaux. Pendant que les pro et les anti MNJ, les opposants et les partisans du régime en place à Niamey se focalisent sur le « pourquoi » ou la pertinence du conflit, la position de force de l’une et de l’autre parties en présence, la véracité ou non des bilans donnés par les uns ou les autres, il me semble plus que jamais urgent que les responsables de notre pays se soucient des réalités dramatiques que vivent les populations confrontées quotidiennement au spectre de la guerre.
L’heure n’est plus aux recherches du diagnostic et autres failles ayant guidé à la situation actuelle, encore moins aux calculs politiques quant au positionnement social qu’on en tirerait, mais plutôt au sursaut patriotique, sursaut qui aurait sans nul doute épargné les vies des dizaines, voire des centaines de nos compatriotes.
Le fait est là et ne peut relever d’un débat philosophique ou politique. Pendant que les conséquences du conflit deviennent de plus en plus insupportables pour nos populations, les belligérants se glorifient à travers une guerre de communiqués de leurs prouesses et leurs performances. Ces victoires annoncées avec grand éclat se mesurent hélas en nombre de Nigériens abattus et en atrocités dans la méthode utilisée pour tuer et massacrer, pour réduire au néant, pour détruire les moyens matériels et autres cheptels.

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jeudi 29 mai 2008

Rapport annuel d'Amnesty International : Niger

Des civils soupçonnés de soutenir un mouvement d'opposition armé dirigé par des Touareg ont été interpellés et arbitrairement détenus par les forces de sécurité en vertu d'une législation d'exception. L'armée aurait exécuté de manière extrajudiciaire au moins 16 civils, et deux journalistes ont été arrêtés en raison de leurs liens présumés avec le mouvement armé touareg. Amnesty International les considérait comme des prisonniers d'opinion.

Contexte

En février, le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), un mouvement d'opposition armé touareg basé dans la région d'Agadez (dans le nord du pays), a organisé un soulèvement pour réclamer une meilleure application de l'accord de paix qui avait mis fin à l'insurrection touareg en 1995. Ses exigences concernaient en particulier les dispositions socio-économiques de l'accord. Des groupes armés faisant partie du MNJ ont lancé des attaques contre des intérêts miniers dans le nord du pays, riche en minerais, tuant une quarantaine de soldats et prenant plusieurs dizaines d'autres militaires en otage.

En août, le président Mamadou Tandja a décrété pour trois mois l'état de mise en garde dans la région d'Agadez. Il a ainsi conféré davantage de pouvoirs aux forces de sécurité pour arrêter des suspects et les maintenir en détention au-delà de la période réglementaire de garde à vue de quarante-huit heures. En novembre, l'état de mise en garde a été prolongé de trois mois. Malgré les appels adressés par la société civile et des partis politiques au gouvernement pour qu'il ouvre le dialogue avec le MNJ, le président Mamadou Tandja a qualifié les membres de ce mouvement armé de « bandits et trafiquants de drogue ». Détentions arbitraires, torture et homicides

Des dizaines de civils ont été arrêtés par les forces de sécurité dans la région d'Agadez, et certains auraient été torturés. Ces arrestations ont bien souvent fait suite à des attaques du MNJ. La plupart de ces hommes ont été remis en liberté après plusieurs jours ou semaines de détention sans inculpation ni jugement. Au moins cinq d'entre eux, dont Issoufou Matachi (ancien dirigeant d'un groupe d'opposition armé touareg), ont cependant été transférés à Niamey, la capitale, en septembre. Ils étaient toujours en détention à la fin de l'année.

  • En mai, Abtchaw Kunfi, Abbe Kunfi et Kalakoua Immolane, trois hommes âgés de soixante-cinq à quatre-vingt-cinq ans, ont été tués à Tizirzait, apparemment par des membres des forces de sécurité. Les trois homicides seraient imputables au fait que l'un des hommes possédait un téléphone satellitaire, ce qui aurait éveillé des soupçons quant à d'éventuels liens avec le MNJ.
  • En décembre, sept hommes qui se rendaient à Agadez en voiture ont été arrêtés par des agents des forces de sécurité et tués. Leurs corps portaient de nombreuses marques de torture, y compris des brûlures de cigarettes, ainsi que des traces de blessures par balle au visage et à la poitrine.

Atteintes à la liberté d'expression

Les autorités ont interdit aux médias de couvrir le soulèvement dans le nord du pays. Elles ont suspendu la diffusion des émissions de Radio France internationale (RFI) pour un mois et la publication du bimensuel Aïr-Info pour trois mois. Elles ont également adressé des avertissements à plusieurs journaux, dont L'Evénement, Libération et L'Opinion.

Deux journalistes ont été arrêtés et accusés d'entretenir des liens avec le MNJ. Détenus uniquement en raison de leurs activités de journalistes, qu'ils menaient pourtant de manière pacifique et en toute légitimité, ils étaient considérés comme des prisonniers d'opinion.

  • Moussa Kaka, directeur de la station privée Radio Saraouniya et correspondant au Niger de RFI, a été arrêté en septembre, à Niamey, et inculpé de « complicité d'atteinte à l'autorité de l'État » – une infraction pour laquelle il encourt la réclusion à vie. Selon les informations recueillies, cette accusation reposait sur des contacts téléphoniques qu'il avait eus, en tant que journaliste, avec des membres du MNJ. En novembre, un juge d'instruction a conclu que les écoutes téléphoniques sur lesquelles reposaient les accusations avaient été effectuées illégalement. Le procureur a interjeté appel de cette décision et l'affaire était en instance à la fin de l'année.
  • En octobre, le rédacteur en chef d'Aïr-Info, Ibrahim Manzo Diallo, a été arrêté à Niamey et transféré dans la région d'Agadez, où il a été détenu au secret par l'armée pendant trois semaines, puis inculpé d'association de malfaiteurs en raison de ses liens présumés avec le MNJ.

Le Monde Diplomatique, juin 2008 : "Bataille pour l'uranium au Niger"

arton13515.pngLe 15 mai 2008, la Cour suprême du Niger a rejeté la demande de remise en liberté provisoire de Moussa Kaka, correspondant de Radio France Internationale. Le journaliste est incarcéré depuis huit mois en raison de ses contacts avec la rébellion touarègue. En février 2007, celle-ci a en effet repris les armes pour réclamer un plus juste partage des revenus de l'uranium. Quelque quatre-vingt-cinq militaires ont déjà trouvé la mort dans la région d'Agadez, où opère le groupe nucléaire français Areva.

PAR ANNA BEDNIK

« Si la lutte est la seule voix qui puisse être entendue, tel est notre choix», annonce le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) (1), formation à majorité touarègue qui, douze ans après les accords de six du 24 avril 1995 entre le gouvernement et une première rébellion armée, a repris le combat contre le pouvoir central. S'étendant jusqu'à la zone du lac Tchad, dans le sud-est du Niger, les affrontements ont débuté en février 2007 dans la région d'Agadez, au centre du pays. Composé essentiellement d'anciens rebelles rejoints en 2007 par des transfuges de l'armée régulière et par certains élus locaux, le MNJ multiplie les attaques contre des sites militaires et des symboles de l'Etat. Outre l'application effective des accords de 1995 (qui prévoient notamment la mise en place de la décentralisation), il réclame le transfert de 50 % des recettes minières aux collectivités locales, l'embauche prioritaire des populations autochtones dans ce secteur d'activité, mais aussi l'arrêt de la «braderie» des permis d'exploitation de matières premières et la cessation des activités de recherche dans les zones d'élevage. La tension est montée d'un cran, en juillet 2007, lorsque le MNJ a pris en otage un cadre de la compagnie chinoise China Nuclear International Uranium Corporation (Sino-Uranium). Il a alors appelé tous les pays étrangers à évacuer leurs ressortissants présents au Niger «pour des raisons de prospection ou d'exploitation des ressources minières.»

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jeudi 22 mai 2008

Aïr Info n°76

  • Droits de l'Homme au Niger - Synthèse du rapport annuel de l'ANDDH
  • Audience d'Areva pour valider l'étude d'impact du projet Imouraren
  • Liste mise à jour des détenus arbitraires

Cliquez sur l'image pour télécharger le PDF

lundi 19 mai 2008

Fête de la fraternité à Evreux, le 14 juin

Le samedi 14 juin, place de la Mairie d'Evreux, les "stands-pays" de la fête de la fraternité accueilleront le public dans une ambiance festive et joyeuse. image_38241037_96_72.jpg Cette initiative de la commune a pour objectif le dialogue de cultures très différentes au travers des objets, des photos et surtout la dégustation de plats et de boissons.

Rendez-vous au stand NIGER, tenu par les associations "Pour un souffle sur l'Aïr" et Targuinca

mardi 6 mai 2008

Aïr Info n°75


Au sommaire :

  • "On va se battre jusqu’au bout pour la liberté de la presse !" ”promet Raliou Hamed Assaleh, directeur de Sahara FM...
  • La mortalité infantile par paludisme a baissé de moitié au Niger, selon l’'UNICEF
  • Autopsie d'un discours : Dans son dernier message à la Nation la veille de la fête de la Concorde, le président Tandja Mamadou est revenu une fois encore sur le sempiternel problème d’insécurité au nord Niger...
  • Affaire démonétisation des billets de la BCEAO
  • Suite du dossier sur les Peulhs : Histoire et traditions

La clinique AÏR SOINS toujours fermée : Il ya presque un mois, la clinique privée Aïr Soins a été fermée par les forces de l’ordre. Le tort de cette clinique serait d’être la propriété d’un dissident du nom de Dr Dangana, Actuellement, porte-parole du MNJ. Ce que conteste formellement le propriétaire, Elh.Ouma, un septuagénaire exempt de tout soupçon! Pour lui, et d’ailleurs tous ceux qui connaissent la clinique, le médecin mentionné plus haut n’a en réalité fait que travailler dans cette clinique et être payé comme tant tout le reste du personnel. Sans pour autant interférer dans le cours de l’enquête, la mise sous scellé de cette clinique met à mal les populations qui ont des difficultés en cette période d’insécurité à venir jusqu’au nouvel hôpital régional d’Agadez situé dans une zone à haute sécurité. En attendant, tout le personnel est en chômage.

Liste des détenus arbitraires :

jeudi 24 avril 2008

Les civils dans la tourmente

Article d'Ibrahim Manzo dans le dernier numéro d'Aïr Info Journal (N° 73-74 DU 20 MARS AU 20 AVRIL 2008)

Des témoignages poignants qui accablent l’armée régulière....

Pour télécharger le numéro entier, cliquez sur l'image

mardi 22 avril 2008

« Bouge ta planète à l’Eure Africaine », du 22 au 25 mai

Targuinca participera, comme en 2007, au festival "L'Eure Africaine" à Thuit Signol (27).

Le dimanche 25 mai, les associations participantes proposeront le traditionnel marché Africain, des espaces d’expo, de lecture etc, etc. Et l'après midi se dérouleront un défilé parade et un forum sur le thème : l’Hyperconsommation face à Afrique.

Pour en savoir plus, consultez le blog de « Bouge ta planète à l’Eure Africaine »